Pour effectuer un retour sur le devant de la scène Adrien MATTENET ne pouvait rêver meilleure place au cœur de cette cité olympique. Ces trois jours quasiment parfaits à Lausanne, dans le cadre de l’étape de qualification à la coupe du monde 2014, ont relancé la carrière d’Adrien. À la fois loin de ses bases pour évoluer sans pression et tout près de ses supporters pour recueillir leur soutien.  Invité par la fédération suisse qui lui avait attribué une wild-card, Adrien MATTENET a su aussi remplir son contrat moral : être à la hauteur de cette précieuse offrande.

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Il y eut d’abord ce drôle de sentiment. Celui d’une défaite 3/0 face à Timo BOLL et des doutes qui accompagnent un score aussi sec. Et pourtant, il y avait de nombreux motifs de satisfaction dans le jeu et l’attitude du n°1 français. C’est donc avec un état d’esprit positif qu’Adrien s’est présenté face à son alter-ego, le Croate Andrej GACINA. Les deux joueurs s’apprécient car ils partagent le souvenir des fonds du classement européen jeunes, lorsque personne ne leur promettait un avenir mondial. Depuis cette époque, ces deux-là sont reliés par ce fil invisible qui forge les caractères. Pour infliger un 3/0 à GACINA, il faut donc sacrément bien jouer, ne rien lâcher pour étouffer celui qui pointait alors au 30e rang, soit 22 places devant notre Dédé national.

Solide, concentré, juste et puissant, Adrien a également très bien servi et bien remis : les bases de son jeu qui l’avaient envoyé tutoyer l’élite mondiale (n°19 en décembre 2011) semblent à nouveau installées. Le lendemain Adrien présenta la même qualité de jeu face à Thiago APOLONIA et forcément en découla une nouvelle performance convaincante. En demi-finale, Marcos FREITAS le domina de la tête et des épaules. C’est la supériorité du Portugais, impeccable tout le week-end, qui repoussa les ardeurs de Dédé. La petite finale échappait finalement de peu au Français face à un Dimitrij OVTCHAROV revanchard après qu’il eut abandonné le titre remporté deux ans auparavant à Villeurbanne.

Bonus vidéo : les confidences d’Adrien MATTENET

Pour Adrien MATTENET, ce séjour à Lausanne aura marqué la fin d’une longue période de doutes. Depuis sûrement la coupe du monde individuelle de Liverpool à l’automne 2012 où il avait poussé Timo BOLL à la manche décisive après avoir battu le Sud-Coréen OH Sang-eun, un ultime sursaut après la déconvenue de Londres et sa défaite au 1e tour. Avec l’aventure levalloisienne avortée, un team Mattenet devenu trop encombrant et des changements d’entraîneurs successifs après le remaniement de l’Insep, Adrien s’était perdu sous la pression de son statut de n°1 français, le premier qualifié olympique depuis les Mousquetaires.

En reprenant le chemin de l’entraînement, à l’Insep à Paris, à Ochsenhausen et à Sarrebrück en Allemagne, bientôt en Asie, Adrien a retrouvé des conditions pour s’épanouir à nouveau. C’est par le jeu, notamment les nombreux matches disputés dans les Challengers Series organisés à Ochsenhausen et le plaisir de jouer que le joueur s’est a retrouvé le finlde sa carrière. Pour la 1e fois depuis mai 2013, il devrait enfin regagner des places au classement mondial malgré sa défaite au 1e tour de l’open du Koweit face au Hong-Kongais WONG Chun-ting. Un joueur droitier, prise porte-plume, qu’il fallait éviter car il a atteint les quarts de finale en performant aussi sur les Japonais Kenta MATSUDAIRA et Seyia KISHIKAWA.

Les vidéos à revoir :

Mattenet – Ovtcharov

Mattenet – Freitas

Mattenet – Apolonia

Mattenet – Gacina

Mattenet – Boll

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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