Absent du circuit international pendant 12 mois, la star danoise est revenue au premier plan à l’occasion de la DHS Europe Cup, l’épreuve qui réunissait les 12 meilleurs joueurs européens à Lausanne. Incontestablement, Michael MAZE a réussi un come-back inespéré qui relance totalement sa carrière. Défait en finale par le Portugais Marcos FREITAS, il positivait. Forcément. « Je pense que je suis capable de revenir plus fort encore. »

Lire aussi l’analyse de Christophe Legoût : blessures visibles et invisibles

21 octobre 2012, le champion d’Europe 2009 (à Stuttgart) subit un camouflet au 1e tour du championnat d’Europe organisé chez lui, au Danemark, à Herning. Dans l’aire de jeu qui borde la large tribune de la BOX, ses supporters ne reconnaissent pas leur champion. Et pour cause, le Danois est méconnaissable. Face à l’Autrichien Stefan FEGERL (membre de la Team Butterfly), Michel MAZE multiplie les erreurs, manque de repères et semble en souffrance. Éliminé dès le 1e tour, il jouera encore le mois suivant lors de la Coupe du monde par équipes avec un seul match (défaite) face au Chinois XU Xin, n°1 mondial.

Opéré des deux hanches

Quelques semaines plus tard (le 12 décembre 2012), il annonce sur son compte Facebook, qu’il doit subir une opération. « Cela fait longtemps que je traîne cette blessure à la hanche. Après plusieurs traitements et la consultation de nombreux spécialistes, je suis convaincu qu’une opération est nécessaire. » En réalité, c’est une double opération qui se profile. En décembre 2012, une première hanche est opérée puis, suivant le processus de rééducation, la deuxième est opérée en mars 2013. Légitimement certains craignent alors pour la suite de la carrière du champion. Peter SARTZ, le coach suédois qui l’accompagne depuis tant d’années, déclare alors : « je doute que Michael soit prêt pour l’Euro 2013, je table plutôt sur un retour en janvier 2014. » Deux semaines après chaque opération, le Danois effectue un léger travail physique sur du vélo-trainer et quelques exercices spécifiques pour sa hanche.

Médaillé de bronze aux Jeux olympiques en double en 2004 (Athènes), en bronze aussi aux championnats du monde en 2005 (Shanghai) puis champion d’Europe par équipes la même année au Danemark (Aarhus), il sera sacré roi d’Europe en 2009. Son extraordinaire capacité à bien préparer les grands événements et sa passion pour le ping sont les seuls arguments qui plaident pour un come-back. Même avec une intégrité physique retrouvée, un rapide retour au premier plan paraît utopique. Il reprend doucement l’entraînement en juin et en parallèle il effectue six séances hebdomadaires de travail physique concoctées par son physiothérapeute.

Pendant sa longue convalescence, Michael s’adonne à son autre passion : il joue au poker et termine 12e du championnat danois. Il s’envolera vers Las Vegas en juillet avant de suivre, dès le mois d’août, un plan d’entrainement progressif avec 2 à 3 séances hebdomadaires puis en septembre, une de plus.

Défaite anecdotique face à GOLOVANOV

Michael se présente à Schwechat sans autre ambition que de disputer un match pour conserver une position de choix dans le classement mondial. Il est aligné lors d’une rencontre de classement, sans enjeu, face à la Bulgarie. Contraint de respecter le protocole imposé par ses médecins, le Danois se déplace peu et ne tient pas longtemps l’échange. Stanislas GOLOVANOV s’impose et salue dignement son adversaire… La maman du Bulgare exulte dans la petite tribune de la Werner Schlager Academy, convaincue que son rejeton vient d’accomplir un authentique exploit.

Maze redevient un athlète

En novembre et décembre, ce sont six séances par semaine qui rythment le retour du joueur. Progressivement Michael retrouve ses sensations. Avec son entraîneur, le Chinois HU Wei Xin, il enchaine les exercices et effectue des séances de multi-balles. Le retour du Danois se profile et à partir du mois de janvier, huit séances hebdomadaires sont au menu. Michael est à nouveau capable d’absorber le rythme et le volume d’entrainement d’un joueur de haut niveau. À Copenhague ou à Eslöv (son club) ses partenaires d’entraînement se nomment Robert Svensson, Mattias Översjö, Kasper Sternberg et quelques joueurs chinois.

C’est avec le seul match disputé face à GOLOVANOV que Michael se présente à Lausanne, sélectionné parmi les 12 meilleurs européens pour disputer la DHS Europe Cup. Battu d’entrée par Marcos FREITAS, seulement 12-10 à la manche décisive, bien malin celui capable de prédire que 48 heures plus tard, ce match serait l’affiche de la finale ! Le jeu de Michael s’est remis en place. Précis, concentré, la justesse de son jeu fait rage. Il s’impose par 3/0 face à Alexei SMIRNOV (joueur du Team Butterfly) et se qualifie pour les quarts de finale.

Le test GIONIS – La Perf sur OVTCHAROV

En quarts, c’est un autre joueur du Team Butterfly qui fait face à Michael. Le Grec, Panagionis GIONIS, médaillé de bronze du dernier championnat d’Europe, faisait figure de test. À la fois physique et technique. Le Danois maîtrisait les débats pour s’imposer 4/1 et aller défier son grand copain, Dimitrij OVTCHAROV, qui l’avait éliminé, en quarts de finale des Jeux olympiques de Londres. Dernier vainqueur du Top 12 (en 2012 à Villeurbanne) et tête de série n°1, Dima OVTCHAROV visait à nouveau la victoire. Michael livrait une partie exceptionnelle pour s’imposer 4/2 et signer un retour fracassant sur le devant de la scène. Ses placements de balle, ses variations, la justesse de ses remises lui ont permis de faire tomber l’Allemand vainqueur la veille de Timo BOLL.

Bonus : les confessions de Michael Maze

Sûrement éprouvé par l’enchaînement des matches et face à un excellent Marcos FREITAS victorieux 4/0, il devait se contenter de la 2e marche du podium. À Lausanne, il obtenait sa qualification pour la Coupe du monde individuelle qui se déroulera à Düsseldorf du 24 au 26 octobre 2014.

Best-of de la demi-finale : Maze – Ovtcharov, février 2014

Battu au 1e tour de l’open du Qatar par le Sud-Coréen JEONG Sang-eun (n°66 mondial), Michael n’ignore pas que les grandes performances et les podiums sont rares. Mais L’essentiel est ailleurs : Michael est redevenu un joueur de classe mondiale. Pour notre plaisir.

L’expertise de Christophe LEGOÛT

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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