Il y a une quinzaine d’années, suite à la guerre dans les Balkans, la Fédération Internationale a pris la décision de séparer les Championnats du monde par équipes et les Championnats du monde Individuels. En effet, la salle de Belgrade où devaient avoir lieu les Mondiaux de 1999 avait été en partie détruite par un obus et les individuels ont finalement eu lieu, et ce fut une première, durant l’été suivant à Eindhoven aux Pays-Bas.

Depuis, c’est sous cette forme que nous continuons à disputer les Championnats du monde, faute d’organisateur étant  capable de réunir plus de mille participants, autant d’élus et d’arbitres, avec une capacité hôtelière ad-hoc et une salle de soixante tables !

C’est effectivement plus simple à gérer ainsi aujourd’hui même si tout le monde s’y perd un peu, y compris les joueurs qui ne savent plus en début de saison s’ils vont jouer les simples ou les par équipes !

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Les rencontres par équipes opposant trois joueurs de chaque pays, ces derniers viennent souvent à quatre, cinq ou six joueurs… Les Chinois eux poussent le vice jusqu’à se déplacer à huit, généralement pour toujours avoir des partenaires d’entraînements libres et différents (gauchers, droitiers, défenseurs, soft…) mais aussi pour aguerrir leurs jeunes joueurs, ceux qui nous battront plus tard !

Suivant le continent sur lequel se dispute la compétition, les délégations arrivent entre une et deux semaines avant afin de s’adapter à toutes les conditions (jeu, humidité, décalage…). Il n’est pas rare non plus comme c’est le cas cette année pour la France qu’une nation demande au pays hôte de pouvoir s’entraîner avec son équipe nationale juste avant la compétition. C’est généralement un gage de sérieux et surtout d’accès aux meilleures conditions d’entraînement avec les meilleurs horaires sur les meilleures tables !

Avant le début de la compétition, le coach a généralement son équipe type en tête, celle avec laquelle il va débuter. Tout peut en revanche se compliquer pour lui et pour le groupe dès la première défaite… En effet, faut-il faire tourner, sortir le joueur qui a perdu, celui qui a perdu en jouant bien, faire rentrer un jeune ? C’est à toutes ces interrogations que le sélectionneur devra répondre, souvent après en avoir discuté avec son adjoint ou son staff afin de réaliser la meilleure performance possible en tirant la quintessence de son groupe.

Pendant ce temps, les joueurs passent du temps entre eux à discuter, à jouer (aux cartes ou à la Playstation), sur internet. Ils regardent aussi pas mal de vidéos de leurs futurs adversaires. Il n’est pas rare non plus de les entendre se livrer au corps médical lors d’un massage de récupération mais tous partagent ces moments de doute, de joie ou d’euphorie qui leur permettront d’écrire peut-être une page importante de leur vie d’athlète lors de ces Mondiaux.

Une épreuve à suivre ici

L’ANECDOTE :

Un matin de mars 1993, le Directeur Technique National de l’époque, Michel GADAL et l’entraîneur Christian MARTIN nous réunissait tous, nous les joueurs de l’INSEP afin de nous annoncer la sélection des Championnats du monde de Göteborg… Par ordre alphabétique, cela donnait : CHATELAIN Nicolas, GATIEN Jean-Philippe, LEGOUT Christophe et MOMMESSIN Didier pour le tournoi par équipe auxquels viendront s’ajouter CHILA Patrick et ELOI Damien pour les individuels et les doubles. C’était mon baptême du feu puisque l’année  précédente, je n’avais joué que les simples lors des Championnats d’Europe de Stuttgart. Immergé comme jamais au sein de cette grande équipe, je garde un souvenir extraordinaire de cette quinzaine, clôturée par le magnifique sacre de Philou.

Partager autant de moments forts en si peu de temps avec cette équipe, côtoyer les grands champions de l’époque, tout cela a permis au jeune joueur que j’étais de grandir bien plus vite…

Vingt ans plus tard, le plaisir de suivre ces Mondiaux, que ce soit derrière un écran, en tant que commentateur ou en simple spectateur sera, j’en suis persuadé, le même qu’à mes débuts.

J’en profite pour souhaiter d’ores et déjà bonne chance à nos deux équipes de France ainsi qu’à toutes les autres nations équipées par Butterfly.

A propos de l'auteur

Christophe

Butterfly l’accompagne depuis 1996. Trois fois champions France en simple, champion d’Europe et vice-champion du monde par équipes, il a aussi participé trois fois aux Jeux olympiques. Toujours joueur professionnel, il est très popuaire en France. Il a récemment intégré l’équipe de Butterfly France.

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