Il a participé aux Jeux olympiques de Pékin (par équipes) et de Londres (simples), Andrej GACINA pointe aujourd’hui au 21° rang mondial et fait partie des valeurs sûres de la scène européenne. Champion d’Europe en double (2011) avec le Portugais Marcos FREITAS, il ambitionne de continuer sa progression : il dispose de la motivation et des atouts pour réussir à rentrer dans le Top 20 mondial.

C’est l’histoire d’une éclosion tardive. Andrej (prononcez André), fait partie de ces joueurs absents des tablettes des CEJ qui font aujourd’hui partie du gratin mondial. « Je figurais dans le top 20 junior en Europe. En fait, c’est à partir de mes 18 ans que j’ai commencé à m’entrainer sérieusement, que j’ai pensé que je pouvais avoir un avenir dans le tennis de table. Au début cela n’a pas payé mais j’étais entouré de bons entraineurs et coaches. Au bout de trois ans les efforts ont commencé à payer. » Il a fêté ses 28 ans le 21 mai dernier, voici donc 10 ans que l’athlétique croate, avance pas à pas dans la hiérarchie mondiale. C’est à domicile, à Zagreb, qu’il a disputé pour la première fois un championnat du monde. Quelques semaines avant, il devenait vice-champion d’Europe par équipes, dans une capitale voisine, à Belgrade en Serbie. Croatie – Serbie où une histoire agitée, entremêlée entre deux nations indépendantes, jadis réunies dans l’ex-Yougolavie, puis farouches ennemies. « Lorsque j’avais six ans, je jouais au foot dans le club situé tout près de chez moi. Mais c’était l’époque de la guerre entre la Serbie et la Croatie. Là où j’habitais alors, c’était dangereux de jouer au foot dehors. Alors mes parents m’ont inscrit au tennis de table, dans un club installé à seulement quelques mètres du terrain de foot. »

Andrej_Gacina_Rémy_Gros_13

Aujourd’hui, quels rapports entretiens-tu avec les autres joueurs de l’ex-yougolavie, sachant que vous parlez la même langue ? « La guerre est une mauvaise chose et, selon moi, il faut la laisser derrière. En sport, il n’est pas question de politique. J’ai des relations avec tous, Slovènes, Serbes… je me sens bien. Avec Marko Jevtovic (Serbie), nous sortons souvent ensemble. C’est mon ami. »

2012 European Olympic Qualification Tournament, Luxembourg,April 11-15 2012

Andrej ne lâchera plus la raquette, pourtant « une fois la guerre terminée, le coach est revenu me chercher car il disait que j’avais de grosse qualités mais j’ai voulu continuer le tennis de table. Et aujourd’hui, aime t-il encore le foot ? Non franchement je ne suis pas vraiment ce sport. En revanche je m’intéresse beaucoup au handball et au water-polo, sûrement aussi parce que les Croates sont plutôt forts dans ces sports là. » Ce pays de 5 millions d’âmes concentrent quelques stars parmi lesquelles Zoran PRIMORAC tient une place de choix. « Il n’était pas mon idole. Mon modèle, c’est Jean-Michel SAIVE. J’ai toujours voulu copier son style, son coup droit sur toute la table, son revers… » rapporte Andrej qui présente un profil physique similaire au grand champion belge, robuste, solide et endurant. « Nous avons été coéquipiers pendant trois ans à Charleroi et ce fut une super expérience. J’ai beaucoup appris de lui : son mental et son fighting spirit. » Du Français, il est capable de dire « bonjour ça va ? – très joli(e). What else ? Samedi, dimanche… Je ne parle pas mas je comprends plutôt bien le Français. » 

Andrej GACINA est un garçon simple et calme. Il ne revendique pas de loisirs particuliers : « J’aime passé du temps avec ma fiancée et mes amis. Lorsque je suis à Zagreb, je suis vraiment bien. » Fan de Dido et de U2, il apprécie aussi la musique relaxante comme Enya. De relaxation il est question lorsque le Croate évoque sa « routine » avant les matches : « J’ai commencé il y a cinq ans à consulter un préparateur mental. Cela m’apporte beaucoup dans les moments cruciaux. » Ainsi le n°1 croate (il devance TAN Ruiwu et Zoran PRIMORAC dans la hiérarchie mondiale) effectue les exercices préparés avec son préparateur mental. « Je fais de la visualisation sur la tactique, sur la façon dont je vais jouer. »

BONUS : la préparation mentale

Des visualisations, le point disputé face à Timo BOLL en 2012 lors du Championnat d’Europe à Herning, en a recueilli un paquet ! Face à Timo BOLL, en quarts de finale, Andrej s’est battu comme un lion pour sauver la balle de match. En vain, mais le point fit le tour de la blogosphère. « Oui de temps en temps je regarde ce point. Deux semaines avant en Bundesliga, j’avait obtenu 8 balles de match sur Timo. Je savais que j’avais une chance. Malheureusement, je mène 7-3 dans le 4e set avant de le perdre 16-14. Mais j’ai continué à me battre jusqu’à ce point incroyable qui a fait un gros score sur youtube. »

GACINA – BOLL : la plus belle balle de match de tous les temps ?

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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