Dans ce 9e Édito de votre magazine, nous reviendrons sur les résultats des derniers Championnats d’Europe par équipes qui ont vu triompher la nation hôte, à savoir le Portugal. La France termine 7ème… Beaucoup de gens évoquent une contre performance mais je partage l’avis de mon copain et coach Patrick Chila, on est juste à notre place.

C’est peut-être ça le plus malheureux ! Lorsqu’il y a 6 ans, on nous prédisait le même futur que le Portugal, cette belle et jeune équipe, force est de constater que eux y sont arrivés et pas (encore) nous. Je pense que les facteurs de réussite pour eux et de stagnation pour nous sont multiples mais la cause principale est pour moi l’envie et la détermination que nous devons tous y mettre au quotidien.
Cela peut paraître dur, surtout après un article dans l’Équipe Magazine à charge mais les joueurs  concernés et seulement ceux-ci feraient bien d’en prendre conscience. Je ne dis pas que c’est facile mais c’est à mon avis une condition indispensable à la réussite du groupe.
Si j’étais jeune aujourd’hui, aurais-je eu la même carrière ? Peut-être pas… C’est en effet bien plus difficile aujourd’hui puisque le Ping s’est professionnalisé et que les tentations sont encore plus nombreuses (je pense à Facebook notamment et tout ce que ça engendre) mais n’est-ce pas avant tout une affaire de caractère ?
On peut aussi se poser la question de savoir si l’INSEP est toujours la structure adaptée au plus haut-niveau… Mais c’est un autre débat !

Nous analyserons également, chiffres et statistiques à l’appui, pourquoi la France ne parvient pas à monter plus régulièrement sur un podium et nous verrons que les explications sont sans doute multiples…

Retrouver également des images et le compte-rendu du Top 10 cadets et juniors organisé à Tours par notre partenaire, la Ligue du Centre.

À la veille de la Coupe du monde qui se déroulera à Düsseldorf le week-end prochain, nous suivrons Adrien MATTENET qui disputera l‘épreuve pour la 3e fois, lui qui s’entraîne depuis cet été sous la direction de Slobodan GRUJIC. L’ancien international serbe, responsable du centre d’entraînement de Sarrebrück, évoque l’arrivée du n°1 français dans le club de la Sarre.

Enfin, nous sommes allés à la rencontre d’Adrian CRISAN. Vous y découvrirez un joueur gentil, simple et attachant et qui, sous ses airs presque larmoyants, excelle sur les gauchers. Lorsqu’en juillet 2001 je débarque à Ochsenhausen, cette petite ville de 8000 habitants perdue entre Stuttgart et Munich (où s’entraîne aujourd’hui pas mal de joueurs français), un de mes futurs coéquipiers va m’aider à m’installer. Ce ne sera pas FENG Zhe, le joueur chinois arrivé en même temps que moi, ni le russe Alexei SMIRNOV, trop occupé par la naissance de son fils après celle de ses jumelles, ni même KREANGA, pourtant si ouvert mais Adrian CRISAN, ce jeune joueur roumain à l’époque et qui avec tout juste son permis en poche, m’amènera faire le tour des magasins afin que je puisse meubler mon appartement et vivre dans les meilleures conditions. Adi est discret mais agréable comme coéquipier, il n’est sans doute pas très bien dans ses baskets à cause de son physique (on le confond rarement avec Tom CRUISE !) mais ses très bons résultats relayés par la presse et la télévision vont arranger tout ça ! Un soir de match, un jeune roumaine tombe sur un match de Champion’s League sur Eurosport et c’est le coup de foudre ! Adi, toujours aussi à fond à l’entraînement  se met malgré tout à rentrer plus régulièrement dans son pays natal au volant d’une grosse berline allemande achetée avec l’argent de ses contrats de plus en plus importants. Il faut dire que le Président de l’époque, Rainer ILHE, décédé depuis, adorait ce joueur qu’il avait recruté bien jeune et avait finit par le payer à sa juste valeur, c’est à dire très cher ! Il faut dire qu’Adrian est monté jusqu’à la 11ème place mondiale, avec son jeu si posé et sur et un jeu de table parmi les meilleurs du monde. Demandez à Timo ce qu’il en pense, lui qui est passé à la moulinette plus d’une fois en se faisant des noeuds tellement Crisan le faisait déjouer. Il faut dire qu’entre son service un peu atypique, son revers extraordinaire que ce soit en démarrage, en ligne ou pour écarter le gaucher dans la grande diagonale, il n’avait pas son pareil !

Adrian est depuis cette époque le numéro 1 roumain et c’est surtout grâce à lui que l’équipe composée également de CIOTI et FILIMON a réussi à tirer plusieurs fois son épingle du jeu lors des compétitions internationales comme les Championnats d’Europe par équipes.

A propos de l'auteur

Christophe

Butterfly l’accompagne depuis 1996. Trois fois champions France en simple, champion d’Europe et vice-champion du monde par équipes, il a aussi participé trois fois aux Jeux olympiques. Toujours joueur professionnel, il est très popuaire en France. Il a récemment intégré l’équipe de Butterfly France.

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