À la veille du départ de nos jeunes représentants pour Shanghaï, la ville hôte qui accueillera les prochains Championnats du monde Juniors, faisons ensemble le point sur les compétitions qui existent déjà et celles qui viennent d’être créées afin de donner semble t-il plus de chance aux meilleurs pongistes d’aujourd’hui de devenir les stars de demain. Puis retrouvez à la fin de l’article, une déclaration de chacun de nos quatre représentants du Team Butterfly.

Avant toute chose, il me semble important de rappeler que le plus important est d’être fort chez les seniors et qu’en aucun cas, être bon voire très bon dans les catégories jeunes n’est la garantie d’une future très belle carrière.

Ceci étant dit, nous pouvons commencer à décrypter l’ensemble des compétitions et tournois proposés, à commencer par les Championnats du monde Juniors, dont les premiers avaient été organisés au Chili en 2003 et qui avait vu le Singapourien LI Hu et la chinoise LI Qian s’imposer.

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Même si une première expérience avait été tentée en 1991 au Japon, dont le Suédois Peter NILSSON était sorti vainqueur (à l’époque la Fédération française ne nous avait pas envoyés là-bas à notre grande déception alors que nous étions vice-champion d’Europe par équipes junior), les Mondiaux ont réellement pris leur essor à partir de 2003 avec une organisation annuelle et ce sur presque tous les continents (Amérique du Sud, Asie, Europe, Afrique, Amérique du Nord).

Si lors des premières années, quelques très bons joueurs manquaient à l’appel, ce n’est aujourd’hui plus le cas puisque tous les meilleurs font le déplacement, à l’exception peut-être de quelques Chinois pour qui le doute est toujours permis…

La raison en est simple : la Fédération Internationale ayant créé un circuit de Pro-Tour pour les juniors et même leurs cadets, les joueurs parcourent alors le monde très jeunes afin de grappiller des points qui leurs permettent de se qualifier pour les grosses compétitions de fin d’année comme la Grande Finale du Pro Tour qui a lieu cette saison à Bangkok.

Si Montaigne a dit que les voyages formaient la jeunesse, ce dont nous ne doutons pas, forment-ils pour autant les champions de demain ?

Je dirais qu’ils accélèrent l’apprentissage de nos futurs grands et que dans ce sens, ils ont un aspect plus que positif mais qu’il est également important à mes yeux de se garder des plages d’entraînements importantes et de ne pas courir le monde à tout prix, ceci en quête de quelques points, qu’ils soient pour le classement mondial ou pour le classement du Pro-Tour.

En effet, aujourd’hui, en plus du classement mondial, il existe un classement des moins de 15 ans, des -18 ans et des -21 ans. C’est très bien de pouvoir s’étalonner par rapport à ses adversaires (à l’époque, je pense qu’on en aurait rêvé) mais encore une fois, il faut garder à l’esprit que l’important est d’être fort chez les adultes. Seuls les Asiatiques, pour ne pas dire les chinois sont capables de sortir des joueurs comme FAN Zhendong, qui a 17/18 ans, rivalisait déjà avec les tous meilleurs mondiaux, ses compatriotes.

Avoir des circuits jeunes et un rang dans la hiérarchie mondiale sont de bonnes choses, créer des compétitions spécialement pour les moins de 21 ans n’est à mon avis pas la solution.

Dans quels autres sports individuels voit-on ce genre de compétitions ? Nous aurons bientôt un Champion d’Europe des moins de 21 ans. Pourquoi ? Est-ce nécessaire ? N’est-ce pas plus utile de faire comprendre aux jeunes qu’ils doivent s’entraîner plus dur afin de déloger leurs aînés des équipes nationales ?

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Le sport de Haut-Niveau n’est pas toujours rose, il faut parfois passer par des moments difficiles comme ces premières raclées prises lors de nos premiers grands tournois mais ces passages sont également formateurs dans la mesure où ils nous montrent le chemin qu’il nous reste à parcourir pour arriver au niveau des meilleurs.

À mon avis, et pour en avoir discuté notamment tout récemment avec Zoran PRIMORAC, la vraie solution est d’essayer de copier le système du tennis avec plutôt que des compétitions rassemblant les moins de 21 ans, un ou deux circuits de tournois parallèles au Pro Tour avec des classifications différentes. Le premier réservé aux joueurs classés au-delà de la centième place mondiale et un deuxième pour ceux classés au-delà de la deux-centième.

Cela fonctionne très bien au tennis alors que la puissance a une dimension bien plus importante que dans notre sport. Pourquoi alors les moins de 21 ans ne pourraient-ils pas se confronter à tous les types de joueurs au Tennis de Table ?

Le problème, mais il est sans doute de taille, serait de trouver assez d’organisateurs pour toutes ces compétitions formatrices… Mais qui ne tente rien n’a rien (et là, ce n’est pas du Montaigne !!!).

DÉCLARATIONS DES 4 REPRÉSENTANTS DU TEAM BUTTERFLY PRÉSENTS À SHANGHAI

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Alexandre CASSIN – Photo Rémy GROS Alexandre CASSIN (champion d’Europe simple et par équipes 2014 et médaille d’argent du Top 10 européen junior) : La préparation ressemblait à notre quotidien : elle a été effectuée à l’Insep dans un cadre classique. J’ai été un peu touché aux adducteurs et j’ai du m’arrêter une journée à cause d’un blocage au dos mais maintenant je suis opérationnel. L’équipe de France part en 5e position et si nous atteignons les quarts il faudra forcément sortir une grosse équipe pour atteindre le podium. Si on prend la Chine, c’est sûr que c’est extrêmement difficile, si c’est le Japon c’est très difficile aussi mais un peu plus jouable. Hong-Kong, Taipei et la Corée-du-Sud sont plus abordables. Pour les simples, c’est difficile de se prononcer car cela dépendra du tirage. Je suis J1 et je veux aller le plus loin possible mais j’ai trois années pour ça ; j’ai le temps.

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Audrey ZARIF – Photo Rémy GROS Audrey ZARIF (championne d’Europe par équipes 2014) Les Allemandes étaient en stage avec nous en plus de nombreux relanceurs. Je trouve que toutes les filles jouent bien et pour ma part j’ai un bon niveau de jeu actuellement. Nos n’avons pas encore connaissance des poules mais on sait que ce ne sera pas facile. On ne part pas du tout favorites : on espère faire un quart, une petite demie serait la cerise sur le gâteau. Je jouerai en double avec Marie MIGOT, à l’entraînement cela fonctionne bien.

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Pauline CHASSELIN – Photo Rémy GROS Pauline CHASSELIN (championne d’Europe par équipes 2014 et médaillée de bronze en simple, Médaille d’argent du Top 10 européen junior, championne de France junior). Si nous évitons la Chine et le Japon, on a une petite chance car les autres équipes ne sont pas imbattables. Il y a une bonne ambiance dans l’équipe et on fera notre maximum. C’est ma 2e participation à l’épreuve et, comme je suis encore J2, c’est difficile d’avoir un objectif pour les simples. Je fais équipe avec Laura en double et nous formons une bonne paire. En fonction de notre tableau on pourrait se procurer des opportunités mais jusqu’à présent nous avons seulement joué en Europe et nous n’avons jamais été confrontées à des paires asiatiques.

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Laura PFEFER – Photo Rémy GROS Laura PFEFER (championne d’Europe par équipes 2014) Nous avons bénéficié d’un super stage : il y avait beaucoup de monde à l’entraînement. Notre parcours par équipes dépendra beaucoup du tableau et sur la possibilité de prendre le plus tard possible les équipes asiatiques. Terminer dans le Top 6 constituerait le meilleur résultat d’une équipe de France junior filles : c’est notre objectif. Au delà il faudrait un tableau favorable. C’est par équipes que nous avons le plus de chances car pour les individuelles c’est plus aléatoire mais chacune tentera d’aller le plus loin possible. Oui bien sûr je pense au fait qu’il s’agit de ma dernière compétition senior. Je suis attristée de quitter les copines car je suis la seule de l’équipe à passer en senior. Je m’attends à une période plus difficile en senior, où il me faudra plus me consacrer à l’entraînement plutôt que d’espérer des résultats immédiats en compétition.

A propos de l'auteur

Christophe

Butterfly l’accompagne depuis 1996. Trois fois champions France en simple, champion d’Europe et vice-champion du monde par équipes, il a aussi participé trois fois aux Jeux olympiques. Toujours joueur professionnel, il est très popuaire en France. Il a récemment intégré l’équipe de Butterfly France.

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