Lors des Championnats d’Europe 2015 disputés à Ékaterinbourg, la Roumaine Elizabeta Samara a décroché la couronne européenne, réalisant ainsi son rêve depuis toujours. Un titre continental qui récompense aussi cette travailleuse acharnée. Eliza Samara a pris le temps de nous répondre pour confier tout son amour pour le tennis de table.

Elizabeta, tout d’abord le ButterflyMag tient à te féliciter pour tes excellentes prestations à l’Euro et qui t’ont permis de décrocher 3 médailles, dont l’or en simple !
Merci beaucoup. C’est très agréable de voir que tant de monde apprécie ce succès et surtout mon sponsor Butterfly.

samaraTu es une joueuse très expérimentée mais c’est finalement assez récent que l’on fasse de toi une outsider, voire une favorite, pour le titre suprême en Europe…
J’ai travaillé très dur afin d’être en mesure d’aspirer à ce titre. J’ai utilisé toutes mes ressources, à la fois physiques et mentales pour atteindre cet objectif qui est devenu peu à peu possible.

À quel moment as-tu réalisé que tu pouvais viser le titre européen ?
Eh bien, j’ai longtemps attendu ce moment. En début d’année, j’ai remporté l’open du Qatar en battant beaucoup de bonnes joueuses et c’est à partir de ce moment là que j’ai sérieusement pensé à une médaille européenne en simple. J’ai pris plus confiance en moi et en mon jeu. Du coup, la médaille semblait être un objectif raisonnable et réalisable à ce moment de ma carrière.

À qui as-tu pensé au moment de ta victoire à Ekaterinbourg ?
J’ai naturellement dédié mes trois médailles européennes à ma famille, mon entraîneur, mon équipe, mes amis, à tous ceux qui croient en moi. Une médaille n’est jamais obtenue par un seul individu. Chaque joueuse à ce niveau dispose d’une équipe technique autour d’elle, une famille et des amis et des fans qui la soutiennent.

Aujourd’hui, tu es la chef de file incontestée de l’équipe roumaine et la capitaine de l’équipe. En quoi cela a de l’influence sur tes performances ?
Être le leader d’une équipe nationale rend plus responsable. Mes coéquipières et moi-même avons le même objectif et nous travaillons ensemble pour y parvenir. Si vous voulez aller vite, aller y seul. Si vous voulez aller loin, allez y ensemble. Nous avons une grande équipe et je crois qu’ensemble nous pouvons tout réussir.
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La finale par équipes face à l’Allemagne était serrée, malgré le score défavorable de 3-0. Que peux-tu dire sur cette finale, aviez-vous une chance de l’emporter ?
Nous avons perdu en effet 3-0 mais le score aurait pu être différent. J’ai eu ma chance contre la n°1, Shan Xiaona, lors des deux premiers sets. Daniela Dodean était menée 2-0 mais elle a failli gagner. Donc nous avions une chance.

Quel match, lors de l’épreuve des simples, était-il le plus difficile pour toi ?
J’ai pris tous les matches au sérieux. J’ai appris à ne sous-estimer aucune de mes adversaires.

Après le dernier point victorieux de la finale du simple, vous avez pleuré sur l’épaule de votre entraîneur Viorel Filimon, qui pleurait aussi… Que vous a t’il dit après la finale ? Comment voulez-vous estimer sa contribution à votre victoire ?
Tous les deux nous étions si heureux. Depuis la finale, nous avons fait une analyse du match et nous avons vu où je jouais bien et là où j’ai fait beaucoup d’erreurs. Il contribue beaucoup à mes résultats pour me guider dans la meilleure stratégie à adopter et pour prendre les bonnes décisions au meilleur moment.

Revivre la finale entre la Roumaine Elizabeta Samara et la Néerlandaise  Li Jie.

Le tennis de table est-il populaire en Roumanie ?
Malheureusement, le tennis de table n’est pas si populaire en Roumanie. Nous souhaitons qu’il le devienne mais cela reste difficile lorsque vous ne disposez pas de toutes les conditions requises pour le développer comme dans d’autres pays.

Qu’est-ce que les gens en Roumanie ont pensé de ta victoire ? Quel a été le retour dans les médias ?
Je dois dire que l’ensemble des médias a parlé de mon succès. Ce titre était une grande réussite pour moi et pour mon pays aussi. Cela faisait 13 ans que le titre n’avait pas été remporté par un pongiste roumain. Voilà, ce fut l’occasion d’attirer l’attention sur le tennis de table.

Dis nous quelques mots sur ta famille…
Ma famille est merveilleuse. Mes parents ont fait du judo et joué au handball. Mon frère a été le premier à jouer au tennis de table. Dans une famille comme la mienne, il était naturel de faire du sport.

Comment as-tu débuté le tennis de table ?
J’ai commencé à l’âge de 5 ans. J’accompagnais ma mère pour aller chercher mon frère et en voyant tous ces enfants jouer au tennis de table, j’ai eu envie d’essayer moi aussi. Personne ne m’a montré comment je devais tenir la raquette, j’ai simplement copié mon frère. Je voulais lui montrer que je pouvais faire comme lui et même plus. Je peux dire que je suis une fille chanceuse…

Quel est ton principal centre d’intérêt dans la vie malgré en plus du tennis de table ?
Il y a une seule réponse à cette question : pour le moment, le tennis de table est tout pour moi, il est ma priorité.

Quel est ton passe-temps favori ?
J’adore voyager, découvrir de nouveaux endroits et des personnes. J’aime aussi la musique que j’écoute très souvent car je voyage beaucoup.

Ton chanteur / groupe / musique préférée ?
Mon groupe préféré est U2.

Quelles sont tes habitudes alimentaires ?
Depuis un an et demi, je suis très attentive à mon alimentation. Elle doit être saine et différence afin de me procurer un équilibre entre les nutriments nécessaires et les efforts produits lors des entraînements et des compétitions.

Quel est ton plat préféré ?
Je n’ai pas vraiment de plat préféré. J’ai une alimentation assez classique.

As-tu une voiture ? Si oui, quel modèle ?
Je ne possède pas de voiture car je n’ai pas encore passé mon permis.

Quelle est ta ville préférée et où vous aimerais-tu vivre ?
Lorsque j’avais 19 ans, j’ai joué deux saisons à Milan. C’est une ville qui occupe une place spéciale dans mon cœur. Je me souviendrai toujours des gens sympathiques et de la langue italienne qui m’est devenue familière.

ettc2015_samara_1_lomaevCombien de temps consacres-tu à l’entraînement physique et à la récupération et en quoi est-ce important selon toi ?
En tennis de table, l’entraînement physique est très important. Vous pouvez jouer 2 à 3 matches sur une seule journée, et le lendemain vous pouvez avoir le même programme. Lors du Championnat d’Europe, j’ai disputé 23 matches. C’était vraiment épuisant mais j’ai trouvé les ressources énergétiques pour faire face. Il faut à la fois de l’endurance et une bonne vitesse de réaction.

En matière de footing, sur quelle distance cours-tu ?
Avant ma blessure au ménisque, je courais à environ 10 km tous les trois jours. Maintenant, je cours moins, mais plus rapidement. Je me concentre plus sur le vélo et la corde à sauter.

Qui était ton idole lorsque tu étais plus jeune ?
Lorsque j’étais enfant, c’était Mihaela Steff qui a atteint le 4e place mondiale. Même si elle n’est plus active en tant que joueuse, j’apprécierai de recevoir ses conseils.

Combien de temps par jour consacres-tu à l’entraînement ?
Le matin, la séance dure 02h30. L’après-midi, j’effectue du travail physique pendant une heure puis une nouvelle séance d’entraînement de 2 heures.

Et à la réalisation des services ?
Le service est un élément essentiel de l’entraînement du tennis de table. Donc évidemment je réalise un travail spécifique au service, environ 30 minutes presque tous les jours. Il est important pour moi de maîtriser les effets, la puissance et le point d’impact de la balle… Tout ce que m’a appris mon entraîneur Viorel Filimon.

Qui sont tes principaux partenaires d’entraînement ?
Je m’entraîne avec Andrei Filimon et Cristina Hirici. Je joue aussi avec d’autres membres de notre club Constanza.

T’entraînes-tu beaucoup sur le jeu de défense ?
Jouer sur défense nécessite beaucoup d’entraînement, pour chaque joueur. En l’absence de quelques bons défenseurs roumains, je joue souvent des balles multiples avec mon entraîneur.

21320092903_200d97dcd6_oAvec quel matériel joues-tu et comment l’as-tu choisi ?
J’utilise un bois Korbel SK7 avec Tenergy 05 sur mon coup droit et Tenergy 05FX en revers. J’aime cette combinaison qui est la plus appropriée pour mon style et qui me donne un sentiment de confort et de sécurité.

Y a t-il quoi que ce soit dans les règles du tennis de table que tu aimerais changer ?
Peut-être limiter les types de revêtements car il est parfois difficile de jouer et de rapidement s’adapter face à des adversaires qui utilisent un matériel peu connu.

Que doit faire l’Europe pour rattraper l’Asie ?
L’entraînement le plus sérieux possible afin de devenir le premier joueur à tout niveau : en club, en équipe nationale et au niveau continental avant le niveau mondial. Un élément important, et ce n’est pas le moindre, une grande passion pour le tennis de table.

As-tu quelques anecdotes drôles à partager avec nos lecteurs ?
Le souvenir le plus drôle c’est lors de mon 1er championnat du monde junior. Nous devions jouer les quarts de finale face à la France et nous étions en pleine préparation de la rencontre avec une séance vidéo pour étudier nos adversaires. Notre entraîneur a reçu un appel téléphonique pour lui dire que la rencontre était programmée 30 minutes. Nous avions commis une erreur dans le planning et nous nous sommes précipitées dans nos chambres pour nous préparer. Nous sommes arrivés 5 minutes avant l’heure de la rencontre et nous avons gagné !

Quels conseils donnerais-tu aux les jeunes filles qui débutent le tennis de table ?
Elles devront beaucoup travailler mais doivent surtout être totalement impliquées dans la pratique du tennis de table. Tout devient alors plus facile à réaliser.

Après la victoire au Championnat d’Europe, quels sont maintenant tes objectifs ?
Après ce premier titre européen, je tiens à répéter la même performance lors de la prochaine édition. Même si je suis consciente que c’est un objectif ambitieux, je vise aussi une médaille au Championnat du monde.

Texte original par Alex Lomaev, traduction par Hubert Guériau

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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