N°353 mondial au début de la saison (septembre), Andréa Landrieu est revenu dans le concert mondial : il pointe aujourd’hui au 223e rang du classement ITTF. Après deux saisons blanches, le champion d’Europe cadets 2011 est bien apte à jouer onze points avec vous.

1/ Pourquoi t’es tu engagé dans une carrière de haut niveau ?
Je me suis engagé dans une carrière de haut niveau parce que l’on n’a qu’une seule vie et que j’ai, à mon âge, les capacités de me lancer dans cette aventure. Je me dis aussi que je pourrais très bien avoir un autre horizon de vie plus tard alors que si je laisse passer ma chance maintenant, dans 15/20 ans je n’ai pas envie de me dire « ah ouais peut-être que j’aurais pu si… » et c’est ça je ne veux pas regretter mes choix dans 20 ans et avoir laisser passer peut-être une chance de faire une belle carrière dans le ping. Et pour l’instant c’est ça qui me fait vibrer. Tenter ma chance suivre mon chemin et voir où il me mènera.

2) Quelle est ta compétition favorite ?
Plus jeune j’ai participé à deux CEJ (Championnats d’Europe Jeunes) et j’affectionnais particulièrement cette compétition car elle était très longue et se jouait beaucoup sur l’endurance mentale. C’était l’objectif ultime de la saison, le plus important. J’aimais beaucoup cette compétition car il y avait une épreuve par équipe et des épreuves de double mixte, de double et de simple, ce qui offrait une énorme opportunité de représenter la France et de vivre de grandes émotions avec ses coéquipiers depuis les stages de préparation 1 mois et demi avant jusqu’à la fin de la compétition. Maintenant j’aime bien le fonctionnement de la Pro A&B, la compétition qui permet de jouer sur une seule table devant un public stimule énormément et fait vibrer. Cependant je n’ai jamais eu l’occasion de représenter la France sur un grand championnat senior et j’aimerais donc jouer des grands matches à enjeu dans cet univers.

3) Comment prépares-tu une compétition ?
Tout d’abord je définis deux types d’objectifs : un objectif minimum : c’est à dire un résultat qui est satisfaisant sans être véritablement une grosse performance et un objectif maximum : c’est à dire si la compétition se passe du mieux que je puisse espérer. Cela me permet de me projeter dans la compétition (la visualiser etc) et d’avoir un objectif où je fais le job (le minimum) et si je l’atteins, j’ai un objectif qui me permet de voir plus haut et de ne pas me satisfaire d’une compétition satisfaisante. Ensuite plus la compétition se rapproche plus j’essaye de me concentrer et de travailler sur mes points forts pour me rassurer.

4) Quel est, selon toi, ton meilleur coup technique ou schème de jeu ?
Mon meilleur coup technique est le revers et j’essaye de l’intégrer dans des schèmes de jeu où je donne l’initiative à l’adversaire et ainsi commencer par un bloc du revers plutôt actif ou j’essaye de faire jouer l’adversaire dans de mauvaises conditions.

Championnats de France 2016. Poules Qualificatives. Brest Arena, 15-17 Avril 2016.

Championnats de France 2016. Poules Qualificatives. Brest Arena, 15-17 Avril 2016 – Photo Rémy Gros.

5) Quelles sont tes sensations avec la nouvelle balle ?
J’ai été blessé un an durant la saison 2013/2014 et les balles plastiques sont arrivés au début de la saison 2014/2015 du coup pendant ma reprise du ping il y a eu ce changement de balle. Et mes sensations étaient du coup assez lointaines avec l’ancienne balle du coup je me suis adapté plutôt bien avec ses nouvelles sensations. J’aime bien la nouvelle balle car le jeu est un peu plus lent et me laisse plus de temps pour installer mon jeu et faire jouer l’adversaire. Je trouve que l’on met moins d’effets en service et moins de vitesse du coup cela me convient plutôt bien car j’ai quelques soucis en remises de service et le service ne fait pas partie de mes points forts. Après il a fallu adapter ma technique du coup droit qui était assez horizontal, ce qui ne gênait pas trop avec les anciennes balles mais qui engendrait beaucoup de balles dans le filet avec les balles plastiques.

6) Quelle est ta pire défaite ? Et ta la plus belle victoire ?
Ma pire défaite fut lors de la finale des championnats de France cadets 2011 où je perds Alexandre Cassin en finale 4/0, en passant à côté de mon match. Cette finale m’a à la fois fait beaucoup de mal car j’étais le n°1 de la compétition. J’étais attendu et je perds en finale en passant complètement à côté et passif sans avoir pu défendre mes chances et proposer un véritable combat contre Alex qui était minime 2 mais qui avait fait une saison énorme. Cette défaite m’a énormément stimulé pour les championnats d’Europe qui arrivaient deux mois plus tard : j’avais un sentiment de revanche et je voulais montrer que j’étais le numéro 1. Ma plus belle victoire fut la finale des championnats d’Europe 2011 car elle permet d’écrire une belle dernière page sur mes années à Nantes et mes années dans mon club de chez moi (ASPTT Romans).

7) Qui est ton adversaire favori ?
Il y a beaucoup de joueurs que j’aime affronter mais j’apprécie particulièrement les joueurs que je peux « faire jouer » et qui me laissent du temps pour jouer et installer mon jeu.

8/ En moyenne, combien d’heures t’entraînes-tu par semaine ? Et en fonction des périodes ?
Je m’entraîne 10/11 fois dans la semaine à raison de 2h par entraînement plus 4h de physique. Mais j’aime bien arriver 30 min avant l’entraînement pour m’étirer et rentrer dans ma séance et rester un peu après l’entraînement pour récupérer ou travailler un peu physiquement. Le rythme d’entraînement reste plus ou moins le même toute l’année avec un peu plus de récupération après les grosses périodes de compétition où l’on s’entraîne un peu moins. Il y a aussi l’été où l’on fait moins de ping mais beaucoup plus de travail physique pour préparer la saison.

Championnats de France 2016. Poules Qualificatives. Brest Arena, 15-17 Avril 2016.

Championnats de France 2016. Poules Qualificatives. Brest Arena, 15-17 Avril 2016. Photo Rémy Gros.

9) Si tu devais proposer à quelqu’un de débuter le ping, que mettrais-tu en avant ?
Je pense déjà que le ping est un sport très complet. Il permet une grande dépense d’énergie, c’est un sport intense physiquement et mentalement. C’est avant tout un jeu et je pense que c’est un élément très important surtout quand on le compare à un sport comme la natation où l’entraînement peut être moins ludique avec de la fatigue. Je suppose que ça doit être vraiment difficile d’aller s’entraîner parfois et de se dire « aller je vais faire 50 longueurs ». Le ping c’est le plaisir du jeu, l’adversité, jouer avec l’autre. Par conséquent je pense que le sentiment de lassitude est très peu présent.

10) Quand tu vois un nouveau joueur arrivé sur le circuit international ou dans le Championnat de France, que fais-tu ?
J’essaye de l’aborder le plus humblement possible, on m’a toujours dit « n’ai peur de personne mais méfies toi de tout le monde » donc si je suis amené à le jouer j’essaye de mettre tout en place pour gagner et je jugerai de son niveau à la fin du match.

11) Si tu dois affronter un ami ou un joueur avec lequel tu as des atomes crochus, comment fais-tu pour le considérer comme un simple adversaire ?
J’essaye de me rattacher au jeu et non sur les éléments extérieurs comme son attitude ou mes relations avec cette personne. J’essaye de voir l’adversaire comme une raquette et non comme une personne et je mets en place une tactique pour vaincre un système de jeu plutôt qu’une attitude ou une personnalité.

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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