La coupe du monde 2016 messieurs jouée à Sarrebruck s’est disputée sans quatre étoiles brillantes : Zhang Jike, Ma Long, Timo Boll et Jun Mizutani. Pour autant, la compétition a livré des matches intéressants et des indications sur les systèmes de jeu en vogue.

Kristian Karlsson joue avec TENERGY 05 des 2 côtés et il utilise le bois KORBEL SK7.

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Dima Ovtcharov à la manoeuvre pour un selfie des 16 participants de la coupe du monde 2016.

Et la coupe est remportée par… Fan Zhendong

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Le podium 2016 : Fan Zhendong (CHN), Xu Xin (CHN) et Wong Chun-Ting (HKG)

Forcément en l’absence des quatre stars Butterfly, la succession de Ma Long était grande ouverte.Malgré la concurrence, les Chinois Xu Xin et Fan Zhendong se sont hissés en finale. Ce dernier est déjà annoncé comme le successeur de Ma Long qui est encore loin de prendre sa retraite. Sa victoire à Sarrebrück est pour le moins indiscutable avec des succès nets (seulement trois sets perdus) avec un 4-0 sur Gao Ning, un 4-1 sur Jeoung Youngsik, un autre 4-1 sur Karlsson, enfin 4-1 en finale contre Xu Xin. Fan Zhendong, du haut de ses 19 ans, a démontré une énorme force mentale.
Richard Prause témoigne : « En finale, il mène 10-6 dans la 3e manche avec le service. Xu Xin joue deux retours extrêmement agressifs et gagnants sur sa zone coup droit mais en utilisant sa face revers alors (il joue en porte-plume). Fan Zhendong fait alors exactement ce qu’un joueur expérimenté doit faire à ce moment-là : il prend son temps-mort, raconte le Directeur Technique National allemand. Dans le point suivant, Xu Xin prend une nouvelle fois l’initiative, avec un flip du coup droit mais cette fois Fan Zhendong est prêt à répliquer avec un topspin brillant pour conclure le set. Il a continué à dominer le match, avec une incroyable lucidité et beaucoup de stabilité, même dans des situations tendues, il a toujours été en mesure d’élever son niveau à volonté. »

Les meilleurs moments de la finale :

Fan Zhendong a remporté la coupe du monde pour la première fois devant Xu Xin, vainqueur en 2013. Dans le match pour la médaille de bronze, entre les joueurs du Team Butterfly Wong Chun-Ting et Kristian Karlsson, c’est le Hongkongais qui a décroché la breloque. C’est évidemment une superbe récompense pour Wong qui fait désormais partie du cercle fermé du Top 10 mondial. Quant au jeune suédois, il a attiré l’attention avec ses récents bons résultats qui soulignent sa progression, et notamment sa victoire en quarts de finale face au Français Simon Gauzy, le futur vice-champion d’Europe.

Kristian Karlsson : la percée

30072116235_626e58e0e0_kKristian Karlsson a causé plusieurs surprises lors de la coupe du monde et donné un aperçu de tout son potentiel. Avec son rang de 29e joueur dans le classement mondial, il ne figurait sûrement pas parmi les favoris pour remporter le titre. Surtout parce qu’avant de viser de grandes performances des qualifications, il fallait d’abord des qualifications. Et ce d’autant plus qu’il a dû jouer face au n°6 mondial, l’Allemand Dimitrij Ovtcharov. Karlsson s’est imposée 4/1, à son propre étonnement et à la surprise des experts et des amateurs du tennis de table.

L’analyse de Richard Prause :

Kristian a vraiment joué un tournoi fantastique à Sarrebruck. Sa technique est très efficace : il peut compter sur un registre solide en service – remise et il ne s’éloigne que très rarement de la table. Il peut attaquer des deux côtés et frapper la balle très tôt au rebond avec une accélération rapide. Alors que son jeu est assez risqué, il peut mettre la pression sur n’importe quel joueur du top niveau mondial, ce qu’il a réussi à faire sur Ovtcharov et sur Fan Zhendong. Contre Dima, le niveau en revers de Kristian était tout simplement exceptionnel. Il a frappé la balle avec moins de rotation mais avec une vitesse énorme. Ovtcharov apprécie habituellement de jouer en « revers contre revers », mais contre Kristian, il n’a pu s’exprimer dans ce registre. En outre, Kristian est très habile pour changer de rythme et il est très difficile pour son adversaire de deviner lorsque l’attaque survient.

Après sa victoire sur Ovtcharov, Karlsson faisait face à Simon Gauzy qui avait battu de justesse Bastian Steger. Le match fut aussi extrêmement disputé avec un court avantag30072116955_ebc7ae3e7d_ke de 12-10 dans la manche décisive, en faveur du Suédois. Se faisant, le joueur issu des qualifications entrait dans les demi-finales de la coupe du monde après avoir battu les numéros 6 et 19 mondiaux.

Face à Fan Zhendong, aujourd’hui hors de portée pour Kristian, le match (4/1) a tourné en faveur du Chinois. Cependant, avec sa technique spéciale, Karlsson a été en mesure de tenir sa ligne de sol, ce qui lui a permis de  mettre parfois une pression considérable sur Fan.

29959375181_1275741e22_kLe match pour la médaille de bronze débutait bien pour Karlsson. Mais au cours du match, son emprise sur Wong Chun-Ting de Hongkong se desserrait et son adversaire pouvait mettre son jeu en place. Tel est le prix à payer pour le jeu à hauts risques de Karlsson. Cette défaite 1/4, synonyme de 4e place, était tout de même un excellent résultat pour Karlsson, qui a marqué les esprits en réalisant de grandes performances. Il fera reparler de lui, c’est certain.

Une chose en plus

Chiquita - Flick

La virgule ou Chiquita.

Lors de la coupe du Monde, nous avons pu voir une évolution constante du tennis de table. Nous avons pu constater que la virgule (ou chiquita) du revers a complètement pris le dessus en remise. Mais cette technique est en constante évolution : là où elle était autrefois jouée pour attaquer le service de l’adversaire et mettre pression, à Sarrebruck elle a été également utilisée comme préparation pour attaquer le coup suivant. Lorsque la virgule est jouée doucement, le joueur recule de la table pour attendre l’attaque et immédiatement contre-attaquer. Ce scénario est devenu un piège élaboré pour contrer la première attaque et prendre l’initiative.

Nous avons également observé une nouvelle feinte, avec une virgule qui au tout dernier moment devient une remise courte. Lorsque le joueur attend une virgule, il est alors obligé de se rapprocher. La remise continue à changer : quelle sera la prochaine évolution ?

Richard Prause résume :

Nous pouvons encore ressentir les effets des Jeux Olympiques de Rio. Certains athlètes n’ont pas eu le temps de complètement récupérer après la préparation longue et épuisante pour cette compétition. Des joueurs comme Jun Mizutani, Zhang Jike et Ma Long n’étaient pas compétitifs pour cette raison et si Dimitrij Ovtcharov a participé à la coupe du monde, il ne semblait pas avoir complètement récupéré. La coupe du monde a toujours été un tournoi important dans le tennis de table, mais nous avons vu des joueurs faire l’impasse dans ce calendrier devenu très dense dans le tennis de table professionnel. 2016 a été une année olympique avec tout et chacun se concentrant sur Rio et il semblait assez difficile pour les joueurs de maintenir un niveau élevé tout au long de l’année.

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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