À seulement 13 ans, il a atteint la finale du Pro-Tour d’Inde. Un record de précocité, encore un, pour ce jeune talent japonais. Tomokazu Harimoto s’est seulement incliné face à Dimitrij Ovtcharov. Plus qu’un espoir, il est celui qui pourrait changer la donne. Son parcours à New-Delhi est l’occasion de dresser le portrait de ce surdoué qui avait barré la route du podium mondial à Alexandre Cassin lors des championnats du monde junior en décembre dernier au Cap (Afrique du Sud) : il est ensuite devenu le plus jeune champion du monde junior de l’histoire.

Dimitrij Ovtcharov et Tomokazu Harimoto

Finaliste à 13 ans

Seul Dimitrij Ovtcharov a pu stopper l’irrésistible ascension de Tomokazu Harimoto qui fêtera ses 14 ans le 27 juin prochain. Le dimanche 19 février à New-Delhi, le jeune japonais a disputé la finale d’un tournoi majeur du circuit de l’ITTF. L’Allemand qui pointe au 5e rang mondial, s’est certes imposé 4/0 mais nul doute que Dima n’a pas surestimé son très jeune adversaire. Car Tomokazu avait réalisé des performances de haut vol pour jouer sur la table n°1, lors de l’ultime duel. Le Japonais a cumulé les performances, face à son compatriote Asuka Sakai (n°113), à l’Espagnol Alvaro Robles (n°102), à l’Autrichien Robert Gardos (n°46) et devant le héros local, Sharath Kamal Achanta (n°62). Le classement mondial du 02 mars 2017 le positionne au 64e rang mondial et son ascension n’est sûrement pas terminée cette année. À peine 36h après être monté sur le podium en Inde, il était déjà engagé dans les qualifications de l’open du Qatar : Andréa Landrieu, champion d’Europe cadet en 2011, stoppait son parcours dans le tableau des -21 de ans, par 3 sets à 2. Le lendemain, le Japonais butait sur la dernière marche pour accéder au tableau final, en s’inclinant 4/3 sur l’Allemand, Ricardo Walther (n°60).

Soutenu par Butterfly

Il s’entraîne actuellement au centre national à Tokyo. Soutenu par Butterfly, Tomokazu n’ignore rien du matériel fabriqué par la marque. Il a choisi TENERGY 80 sur le coup droit – il est droitier – pour son équilibre entre la vitesse et la rotation. « Avec TENERGY 80, c’est plus facile pour moi de jouer des topspins rapides avec beaucoup de rotations et j’estime aussi que j’ai plus de contrôle en top contre top. » En revers, il utilise TENERGY 05 FX. « La mousse tendre m’offre un excellent contrôle. » Au Japon, sa notoriété est déjà faite. « Prodige » et « talent exceptionnel » sont couramment utilisés pour qualifier le jeune adolescent. Depuis sa première année à l’école primaire, il a remporté plusieurs titres nationaux et bénéficie d’une attention médiatique similaire au Japon comme les autres stars japonaises de l’équipe nationale senior.

Des extraits du match entre Harimoto et Achanta :

Une sélection d’images réalisée par INFO TT

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Tomokazu et sa mère, Ling.

Ses origines – ses premiers succès

Malgré son très jeune âge, Tomokazu Harimoto a déjà signé des coups d’éclat, face à des joueurs chevronnés tels que le Suédois Jens Lundquist et le Croate Tan Ruiwu ainsi que d’autres jeunes de haut niveau qui évoluent en Bundesliga tels que le Brésilien Hugo Calderano ou le Suédois champion d’Europe 2015, Anton Källberg. Dans les classements mondiaux des moins de 15 ans et des moins de 18 ans, Harimoto occupe respectivement les 2e et 24e rang. Depuis sa première année à l’école primaire, Tomokazu a réussi à se qualifier pour les championnats japonais – et a dominé plusieurs catégories d’âge. Seul Ai Fukuhara a réalisé un parcours similaire. Tomokazu Harimoto est né au Japon et il est originaire de Sendai – région du Miyagi – . Il a intégralement été formé au Pays du Soleil Levant. Les parents de Tomokazu sont des joueurs de tennis de table et des ressortissants chinois. Son père, Yu, était un joueur de niveau national en Chine. En 1998, il est allé au Japon pour la première fois afin de travailler comme entraîneur dans le centre de tennis de table de la ville de Sendai. Sa mère, Ling, a évolué au plus haut niveau mondial : elle été sacrée championne du monde par équipes en 1995 à Tianjin.

Tomokazu HARIMOTO

Tomokazu HARIMOTO

Avec de tels parents, il n’est pas surprenant que Tomokazu ait commencé à jouer au tennis de table dès l’âge de 2 ans. À trois ans et quatre mois, il participait pour la première fois à un tournoi régional et terminait quatrième dans la compétition réservée aux moins de 8 ans. Âgé de six ans, peu de temps avant son entrée à l’école primaire, il décrochait sa première sélection dans le championnat national japonais des moins de 8 ans où il se hissait en huitièmes de finale. « Cette expérience a été un déclic pour me consacrer entièrement au tennis de table. » L’année suivante, il remportait le titre national des moins de 8 ans.

Il a poursuivi son apprentissage dans la catégorie des moins de 10 ans. Lors de la troisième année de l’école primaire, à l’âge de neuf ans, il est devenu le plus jeune participant au championnat du japon junior. En 2015, à 12 ans passés, il est aussi devenu le plus jeune joueur de tous les temps à atteindre le 1er tour des simples d’un open du Pro-Tour (en Pologne). Puis en juin 2016, 10 jours avant son 13e anniversaire, il a battu un autre record sur l’open du Pro-Tour du Japon : il a dominé son compatriote Kohei Sambe en finale de l’épreuve du tableau des moins de 21 ans. Il est le plus jeune joueur à jamais remporté un tel titre. « J’ai été capable de jouer parfaitement à domicile devant le public japonais. Et je suis heureux et fier d’avoir battu ce record de précocité ici », confiait alors la pépite.

Revoir les meilleurs moments de la finale du tableau de moins de 21 ans, lors de l’open du Japon (Pro-Tour) face à Kohei Sambe.

 « Mon rêve ultime est d’être champion olympique de 2020 à Tokyo. »

« J’ai le désir de gagner non seulement quand je joue contre mes pairs, mais également dans les matches face aux joueurs beaucoup plus âgés. » Depuis le mois d’avril 2016, Tomokazu Harimoto a quitté sa ville natale de Sendai pour rejoindre la JOC, l’académie réservée à l’élite à Tokyo. Une institution créée par le Comité olympique japonais pour aider les jeunes talents à développer leur potentiel.

Tomokazu HARIMOTO

Tomokazu HARIMOTO

Au début, sa mère Ling lui a enseigné les premiers pas et les bases du tennis de table. « Lorsque vous débutez l’enseignement du tennis de table, il est très important de ne pas mettre l’apprentissage des aspects techniques au premier plan, mais surtout d’éveiller la curiosité, le désir et la passion. Les enfants doivent tracer leur route avec la volonté de faire au mieux. Mais naturellement il est important pour l’avenir de garder un œil sur le style de jeu et la technique dès le début, poursuit sa maman. Tomokazu aime les tournois et il déteste plus que tout la défaite. S’il y a quelque chose qui distingue Tomokazu, c’est qu’il conserve une très haute capacité de concentration dans n’importe quel match et contre n’importe quel adversaire, et ce jusqu’à la dernière balle. C’est probablement l’une des principales raisons qu’il peut s’illustrer tout au long d’un tournoi en utilisant le panel complet de sa technique. Je souhaite qu’il conserve ses atouts pour l’avenir. »

Revoir sa victoire en 2015 face à Tan Ruiwu, lors de l’open de Pologne (Pro-Tour) face à Kohei Sambe.

Adapté en français à partir du texte traduit par Frank Völler.

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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