Partie neuf mois durant parcourir le monde, Carole Grundisch a décidé de revenir à la table. Elle s’est engagée avec le Metz TT pour une saison en Pro A avant, pourquoi pas, de retrouver la scène internationale. À bientôt 31 ans, la Franc-Comtoise ne se fixe pas de limites et fourmille de projets. Interview.

Quelle réflexion t’a guidée pour t’engager à nouveau avec Metz TT ?
Avant de me qualifier pour les J.O. puis de me blesser à quelques jours du départ pour Rio (fracture du bras droit), j’avais déjà décidé de faire le tour du monde. Un projet qui me tenait à cœur depuis fort longtemps. À ce moment là je ne savais pas vraiment de quoi serait fait mon retour. J’ai parfois pensé que je ne repartirais pas dans un cycle tennis de table.

S’est-il produit un déclic pour que tu décides de solliciter les dirigeants messins ?
Je le savais déjà mais je me suis rendu compte pendant le voyage que c’était une chance énorme de vivre de sa passion. J’ai ressenti que j’avais encore la flamme en moi. J’étais restée en contact avec le club de Metz et j’ai exprimé mon envie de reprendre à la rentrée 2017.

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Et tu as joué au ping lors ce de tour du monde ?
Très peu, mais j’en avais envie. Je n’avais même pas emporté ma raquette pour des questions de poids car j’avais ma maison sur le dos pendant tous ces mois passés à parcourir les cinq continents. J’ai participé à deux actions pour l’association Ping sans frontières, notamment en Équateur avec Giovanni Coello qui a joué à Argentan et qui est membre de l’équipe nationale équatorienne.

Au cours de son tour du monde effectué avec son amie Chloé, Carole a échangé quelques balles pour le plaisir, en lien avec l’association Ping Sans Frontières. « Je suis la marraine, nous avions des contacts qui avaient préparé plusieurs actions avant notre arrivée en Équateur » :
–          2 séances de 1h30 avec des étudiants de l’université de San Francisco, ainsi que des jeunes invités par l’entraineur Giovanni Coello. Supers moments partagés avec des jeunes ultra motivés !
–          1 session d’1 heure avec les meilleurs jeunes de la province de Quito.

À quelle date est fixée la reprise ?
Jusqu’au 14 août, j’effectue un travail physique spécifique en plus des Trails auxquels je participe. Après plusieurs mois d’escapades en altitude, je suis en excellente forme physique. J’aime les challenges et la compétition et je ne me voyais pas reprendre ailleurs qu’à Metz que j’ai quitté alors que sportivement tous les voyants étaient au vert.

Le club de Metz développe un centre d’entraînement féminin. Seras-tu impliquée ?
Oui naturellement car l’aventure humaine est un facteur important. Je souhaite apporter ma contribution au centre d’entraînement et m’inscrire dans la dynamique du club. Chaque semaine, je serai présente du lundi au mercredi. Je m’entraînerai les jours suivants à Levallois et/ou à l’Insep.

L’équipe a changé de visage en quelques mois…
Oui je vais jouer un rôle de grande sœur auprès de Pauline Chasselin et de la jeune chinoise qui rejoint le club. C’est un rôle dans lequel je m’épanouis. Lors de ces derniers mois, j’ai ressenti l’envie de transmettre. Je ne suis plus forcément prête à faire d’énormes sacrifices pour ma carrière pongiste en revanche je veux m’investir à fond pour transmettre tout ce que j’ai appris.

Cela ressemble à une transition vers le métier d’entraîneur ?
Je souhaite d’abord redevenir une très bonne joueuse de club, prendre du plaisir et partager mon expérience. Je me dirige en effet vers le métier entraineur : je prépare le concours du DESJEPS (Diplôme d’État Supérieur de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport). J’imagine, un jour ou l’autre, faire partie de l’encadrement de l’équipe de France.

Mais tu te destinais à une reconversion comme kinésithérapeute ?
La voie la plus simple était de faire kiné car c’était la formation diplômante le plus rapidement pour mener à bien le double projet. L’école était à proximité de l’Insep et le métier m’intéressait. L’objectif est de devenir entraîneur mais ensuite j’officierai sûrement comme kiné.

Peux-t-on imaginer te revoir sous le maillot de l’équipe de France ?
L’équipe de France m’a toujours fait rêver : j’en ai retiré une immense fierté. J’ai consacré les quatre dernières années à me qualifier pour les J.O. de Rio. Désormais, je suis la seule joueuse compétitive de plus de 30 ans au milieu de jeunes filles qui ont tout au plus 20 ans. Je vais prendre le temps de la réflexion pour bien évaluer si je suis prête à refaire des sacrifices et à beaucoup voyager pour prendre position dans le futur classement mondial. Aujourd’hui, je ne suis pas prête à revivre le contexte avec de l’équipe de France avec l’encadrement actuel. J’espère que la situation à la Direction Technique Nationale sera bientôt clarifiée afin d’avoir une discussion saine.

Carole Grundisch disputera la saison de Pro A avec Metz TT après une année à parcourir les cinq continents – Photo DR

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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