Sélectionnée pour les Jeux de la Francophonie et les Universiades, Océane Guisnel raconte ses deux immersions : la première, inhabituelle, en Côte d’Ivoire, l’autre, à la démesure de l’Asie, à Taiwan. La jeune pongiste évoque à la fois ces moments uniques et ces deux compétitions aux contours bien distincts.

JEUX DE LA FRANCOPHONIE :

L’événement se tenait à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 19 au 30 juillet. Joé Seyfried et Xavier Fortineau, mon coach, étaient également du voyage. Nous étions engagés dans 3 tableaux : simple, double mixte et par équipe (fille vs fille, garçon vs garçon et si 1 -1 : double mixte). Nous avons optimisé notre parcours : j’ai remporté le titre du simple et par équipe avec Joé qui lui aussi a remporté l’or en simple. Nous avons aussi décroché la médaille d’argent du double mixte.

La compétition était assez spéciale puisque avec une ambiance très différente des événements auxquels nous participons habituellement. La veille de la compétition, nous ne pouvions pas nous entraîner puisque la salle n’était pas encore prête (pas de tables, ni de séparations, et dans l’attente des balles de compétition). C’est un pays qui a peu de moyens et qui n’a pas l’habitude d’organiser un tel évènement. Pendant le tirage au sort du par équipe, de nouvelles équipes s’inscrivaient encore alors que le tournoi commençait le lendemain ! Nous voilà au jour J : nous sommes heureux de constater qu’à quelques détails près (une soixantaine de balle pour l’intégralité de la compétition, et des pieds de séparation en béton !) la compétition peut commencer dans les meilleures conditions locales. Pour ce qui est du niveau, il était relativement faible (Il y avait énormément de pays africains qui comptent beaucoup moins de pratiquants qu’en Europe ou en Asie et qui ont surtout beaucoup moins de moyens pour se former et participer à des compétitions). La Roumanie et la France ont dominé toutes les épreuves et se sont disputées toutes les finales.

Ensuite, sur tout ce qui est de l’extra-sportif je ne sais par où commencer :

Tout d’abord, le village (l’endroit où nous étions hébergés – un bâtiment par pays – et nous mangions) : nous dormions dans des conteneurs aménagés sans eau chaude, et même parfois sans eau tout court (un jour et demi sans eau pour nous). Des fuites d’eau dans la moitié des bâtiments, du linge volé, pas de wifi non plus, ( il fallait aller à l’autre bout du village pour capter quelques minutes… ). La nourriture restait correcte mais peu variée : riz ou frites avec poulet ou bœuf, crudités et fruits mais que nous devions éviter car cela nous a rendu malade pendant plusieurs jours.

Concernant la cérémonie d’ouverture, c’était vraiment top, elle se déroulait dans le stade principal d’Abidjan, un stade pratiquement plein. Nous avons défilé les premiers sous une grande ovation ivoirienne. C’est vraiment une sensation particulière de passer devant tous ces gens qui crient : « ALLEZ LES BLEUS, ALLEZ LES BLEUS ». Ensuite un spectacle vraiment magnifique avec en bonus le groupe de Magic System pour mettre l’ambiance dans le stade. Et pour finir un feu d’artifice incroyable, qui nous en a mis plein la vue et qui officialisait l’ouverture de ces 8èmes Jeux de la Francophonie.

Pour ce qui est du pays en général, je retiendrai que les gens étaient très accueillants, toujours souriants et polis. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance (beaucoup de musiques, de danses, de rires, de joie). Pour toutes ces raisons, ces Jeux de la Francophonie resteront pour moi une expérience unique et très enrichissante humainement.


Préparation en Chine

Je suis donc de retour en France pour deux jours avant le départ pour un stage en Chine de 15 jours. 2août, arrivée en Chine avec des conditions encore particulières puisque à cette période là, les températures extérieures sont d’environ 40 degrés. Dans la salle, un taux d’humidité très élevé, ce qui nous a demandé quelques jou

Lors du stage en Chine, à Chengdu.

rs d’adaptation. Concernant l’entraînement, ce stage ressemble aux autres stages que j’ai pu effectuer en Chine:(chaque jour les mêmes exercices le matin et panier de balles l’après midi). Une coach très sévère mais ça aussi c’est un classique (les joueuses pouvaient aller au coin en regardant le mur pendant au moins 30 minutes). C’est toujours assez particulier d’aller en Chine puisque c’est une culture totalement différente de la notre : les salles sont toutes très grandes avec énormément de joueurs à l’entraînement qui ont entre 5 et 20 ans. L’intensité est au maximum.

Nous avons eu la chance de côtoyer pendant une semaine la numéro 2 mondiale Zhu Yuling (elle préparait les jeux de Chine, compétition très importantes pour les joueurs) et de s’entraîner dans la même salle qu’elle.


UNIVERSIADES TAIWAN :

Le 18 août, nous nous sommes envolées pour Taiwan pour les universiades. Et là, je peux dire que c’était GRANDIOSE ! Nous sommes arrivées à l’aéroport où, dès la descente de l’avion, une escorte nous a accompagné à l’arrivée au village. Je commençais déjà à ressentir l’ampleur de l’évènement.

Le village des athlètes était immense et comprenait : une banque, des supermarchés, des boutiques de souvenirs, une cantine géante (de la taille d’environ 2 terrains de football), des terrains de sport et une salle de musculation.

19 août, jour de la cérémonie d’ouverture qui était vraiment superbe ; un stade rempli, des cris, de la bonne humeur. L’entrée dans ce stade au coté des autres athlètes de la délégation française m’a donné des frissons. L’attente était certes très longue mais s’est passée dans une ambiance de folie, enchaînement des hymnes chantés par chaque pays, hakkas des Néozélandais… Pouvoir côtoyer d’autres athlètes français et du monde entier a vraiment été une chance pour moi et je suis très heureuse d’avoir pu représenter mon pays à un tel évènement.

Au niveau de la compétition, tout était très bien organisé : une très belle salle, une présentation avec défilé dès les poules et un public au rendez vous. Et cette fois, le niveau était très relevé avec de grosses équipes : Taiwan, Japon, Corée-du-Nord, Corée-du-Sud, Chine… Sur l’épreuve par équipe, nous avons échoué en huitièmes de finale sur le Japon et, en double avec Stéphanie Loeuillette, nous avons été sorties en seizièmes de finale par des Nord-Coréennes. En simple, je me suis inclinée en 32ème de finale sur une Sud-coréenne. Je retire tout de même un bilan positif de cette compétition car j’ai réussi à produire un bon niveau de jeu, ce qui est de bonne augure pour cette nouvelle saison. Je suis rentrée avec des souvenirs plein la tête et une envie encore plus grande.

NB : Je fais une pause de riz pour un moment !

Océane

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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