Dans quelques jours, Lucie Gauthier, ainsi que Bastien Rembert disputeront le tournoi de qualification continentale des Jeux Olympiques de la Jeunesse. La compétition se déroulera du 3 au 5 novembre à Split (Croatie). Tous deux viseront l’un des quatre billets directs pour cet événement qui se déroulera à Buenos Aires en octobre 2018.

En 2010, à Singapour, Céline Pang représentait les couleurs de Butterfly puis, quatre ans plus tard, à Nankin, c’est Audrey Zarif qui participait aux J.O.J en Chine. Pour 2018 et l’édition de Buenos Aires, l’attente est d’autant plus grande que se profilent les Jeux Olympiques de Paris 2024. Deux joueurs du Team Butterfly, Lucie Gauthier et Bastien Rembert, seront en lice pour décrocher l’un des quatre billets (douze au total sont disponibles pour l’Europe) mis en jeu à Split. Ce premier tournoi de qualification européen réunira des jeunes nés entre 2000 et 2003. À l’issue d’un premier tour, puis d’un premier tableau, 2 joueuses et 2 joueurs seront directement qualifiés. Tous les autres pongistes disputeront alors un deuxième tableau qualificatif pour tenter de décrocher deux billets dans chaque tableau.

À Marseille, Lucie Gauthier a décroché le titre de championne de France du double avec sa coéquipière Roza Soposki de l’ASPC Nîmes – Crédit Rémy Gros

Jusqu’à présent en 2017, Lucie Gauthier, 17 ans, a optimisé son engagement sur plusieurs compétitions majeures : championne de France junior, elle a aussi conquis le titre, cette fois en senior, du double puis elle a confirmé ses qualités dans cet exercice particulier avec la conquête du titre européen du double mixte junior (avec Jules Rolland). Lucie Gautier et Bastien Rembert participeront aussi au championnat du monde junior organisé en Italie, à Riva-del-Garda, du 26 novembre au 03 décembre. « Ce serait incroyable de disputer les Jeux Olympiques de la Jeunesse. J’en fais un objectif principal mais cela ne sera pas simple car beaucoup de joueuses sont devant moi, précise Lucie Gauthier qui a inscrit aussi à son planning d’autres événements majeures : les championnats du monde juniors puis les Championnats d’Europe Jeunes l’été prochain. » L’annonce de Lima qui a vu la candidature de Paris confirmée attise forcément les convoitises puisque l’équipe de France sera assurée de sa participation aux J.O. de 2024 : « disputer les J.O., c’est forcément un rêve pour tout sportif de haut niveau. 2024 donne encore plus envie car ce sera en France. Si j’y pense ? Oui mais j’ai encore le temps de m’étoffer d’ici là. »

Interview :
Pourquoi as-tu souhaité poursuivre ta formation à Nîmes ?
L’entraîneur de l’ASPC Nîmes, Florian Habuda, me suit depuis que j’ai 10 ans et il a monté un bon groupe de filles. Voilà, à Nîmes, j’ai plus de sérénité mais cela ne m’empêche pas de partir en stage à l’Insep, au Creps de Nancy, à Metz. J’aime bien aussi changer d’environnement.

Lucie Gauthier avec Florian Habuda, l’entraîneur de l’ASPC Nîmes – Crédit Rémy Gros

Comment s’organise ton quotidien ?
J’ai décidé de rester à Nîmes car j’y trouve mon équilibre. Ce n’est pas trop loin du domicile familial situé à Sorgues dans le Vaucluse. Depuis la rentrée, j’ai un petit appartement dans lequel je vis seule.

Et au niveau des études ?
J’avais un an d’avance mais j’ai raté mon bac, aux rattrapages, à la session de septembre. Au regard du nombre de cours que j’ai manqué, ce n’est pas si grave mais c’est rageant car je projetais de débuter une formation STAPS à Avignon. Cette année, les 14h de cours hebdomadaires n’empiètent pas sur l’entraînement : je devrais être plus assidue. Je souhaite me diriger vers un métier du sport, préparatrice physique ou au contact de l’handisport.

Pourquoi as-tu débuté le ping seulement à l’âge de 9 ans ?
Je suis issue d’une famille de badiste : mon grand frère avait d’ailleurs intégré l’Insep pendant deux ans. Mon autre frère jouait au basket et je l’avais suivi. C’est lors de la fête des sports à Sorgues, que j’ai participé à une « tournante » au ping avec mes frères J’ai alors été repérée par l’entraîneur du club, Jean-Marc Cécé. Il a sollicité mes parents et j’ai débuté comme ça. Dès la première saison, j’ai été détectée par la filière et j’ai intégré le groupe France Détection animé par Damien Loiseau.

Si l’adresse est un point commun indéniable entre le basket et le ping, pour le reste, il y a assez peu de correspondances…
J’étais une enfant très active, je dirais même surexcitée et le basket me permettait de me dépenser. Je crois que j’ai développé un jeu à mi-distance afin de me dépenser physiquement et trouver cet équilibre.

Un équilibre que tu as d’abord développé du côté du coup droit ?
Lorsque j’ai commencé le ping, j’étais plus à l’aise en coup droit, à tel point qu’on a voulu me mettre un picot sur le revers. Même si j’ai toujours réussi à être présente dans le point, j’essaie de m’équilibrer. J’ai encore beaucoup de progrès à faire, notamment en contre initiative du revers.

Lucie Gauthier développe un jeu porté sur l’attaque avec un top spin fort du coup droit – Crédit Rémy Gros

Quelles sont les joueuses qui t’inspirent ?
Au niveau mondial, c’est la championne du monde chinoise, Ding Ning. En Europe, j’apprécie beaucoup la Suédoise Mathilda Ekholm. En France, même si elle est droitière, c’est Carole Grundisch car son jeu me correspond.

Avec quel matériel joues-tu ?
J’ai commencé à jouer avec du Sriver FX. J’ai longtemps joué avec un bois BOLL FORTE avec TENERGY 05 en coup droit et TENERY 64 en revers. Aujourd’hui, j’utilise les mêmes revêtements mais avec un bois MIZUTANI ZLC qui me convient très bien.

Regardes-tu des vidéos ?
Je regarde plus de ping masculin que féminin. Analyser mes adversaires, cela me met plus de pression et je préfère d’abord penser à ce que je dois faire. En fait, c’est parce que je développe un jeu plus masculin et je suis intéressée par leur technique.

T’entraînes-tu avec des garçons ?
Oui, régulièrement. Ils développent plus de puissance avec plus de rotations dans le jeu et au service. Chez les filles, on observe encore beaucoup de joueuses qui remettent court, ou qui poussent afin de réagir en contre initiative.

Qui sont tes joueurs favoris parmi les pongistes garçons, passés et actuels ?
J’apprécie beaucoup le jeu de Christophe Legoût. J’aime aussi le style de jeu du Brésilien Hugo Calderano.

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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