Par Carole Grundisch.

En ce mois de novembre, où les températures commencent à se rapprocher de zéro, à Metz en tout cas, les papillons sont pourtant de sortie. Littéralement, ce sera probablement le cas d’ici quelques années avec le dérèglement climatique mais pour le moment nous allons découvrir les belles performances réalisées récemment par les « papillons » Timo Boll et Lucie Gauthier, nous reviendrons également sur les défaites en série des Chinois lors des dernières compétitions internationales et je vous parlerai plus personnellement de mon retour après maintenant 3 mois de recul depuis le début de la saison.

Je vais débuter par Lucie Gauthier, notre jeune espoir française, qui a réussi un véritable exploit en arrachant en Croatie sa qualification aux JOJ (Jeux Olympiques de la Jeunesse), qui se dérouleront à Buenos Aires en octobre 2018. Elle a réalisé un parcours incroyable en sauvant 7 balles de match contre la redoutable chinoise Azéri tête de série n°1, ainsi qu’en éliminant la n°3 européenne. Je suis d’autant plus contente pour elle qu’elle était venue, dans le cadre de sa préparation, s’entraîner avec notre groupe au centre d’entraînement de Metz sous les yeux d’Armand Duval, son coach en équipe de France, avec aussi les conseils avisés de Loic Belguise et de Nathanaël Molin. Nous avions ainsi partagé une séance d’entraînement mais également discuté « ping »… Et la sieste de 2 heures dans le canapé de l’appartement du club dans lequel les joueuses de Pro A de Metz vivent, n’a pas dû être étrangère à sa performance !

LE papillon qu’on n’attendait plus à un tel niveau et qui ne cesse de nous surprendre, vous l’avez deviné, c’est Timo Boll. Finaliste de la coupe du monde en revenant de 10 4 à la belle sur le Chinois Lin Gaoyuan, puis vainqueur de Ma Long en demi-finale, finaliste du très relevé open d’Allemagne en battant notre Simon national, et en gagnant de nouveau sur un chinois en quart, il fait preuve d’une régularité à un tel niveau vraiment impressionnante. Je ne peux m’empêcher de penser que Roger Federer doit donner des idées à beaucoup d’autres sportifs autour de 35 ans en montrant que l’âge n’est pas forcément un frein quand le plaisir est présent. Peut-être que Timo s’est finalement adapté à tous ces changements dans notre discipline : balles plastiques, les sets de 11 points etc… Et oui ne riez pas mais même moi qui suis plus jeune que Timo, j’ai appris à jouer avec les balles de 38mm en celluloïd, les sets de 21 points, les 5 services chacun et cachés etc…, et l’adaptation est forcément nécessaire et délicate. Tomokazu Harimoto, le prodige japonais de 14 ans, n’a pas eu ce problème, lui ! Timo nous montre à quel point il est un pongiste hors pair, en réussissant à faire évoluer son jeu pour réintégrer l’élite mondiale. Pourvu que ça dure !

Et vous devez également être aussi surpris que moi des défaites étonnantes des Chinois récemment : cela n’était pas arrivé depuis plus de 10 ans qu’un Chinois ne remporte pas la Coupe du monde, aucun des Chinois engagés à l’open d’Allemagne n’a atteint la finale de l’ITTF World Tour, fait également très rare…

De mon point de vue tout a commencé par l’éviction de Liu Guoliang le coach emblématique et la « grève » des quatre meilleurs chinois lors de l’open de Chine qui ne se sont pas présentés pour leur quart de finale respectif pour protester contre cette décision. Depuis, outre l’amende qu’ils ont reçu de l’ITTF, leurs attitudes et leurs résultats sont inhabituels. A croire qu’ils feraient presque « exprès » de perdre pour montrer l’importance de Liu Guoliang dans leurs performances. Ma partenaire de club chinoise, Liu Xin, m’a confirmé cette semaine à quel point les joueurs sont différents lorsque ce coach n’est pas présent. L’avenir nous dira si ce ne sont que des erreurs de parcours ou si effectivement un réel malaise existe. Rappelons que depuis plus de 10 ans, les Chinois raflent tous les titres des compétitions majeures que sont les Jeux Olympiques et les Championnats du monde… affaire à suivre.

Enfin je conclurai simplement en vous disant que j’avais une profonde envie de reprendre le ping après cette fracture intervenue à la veille de J.O. de Rio et mon voyage de 8 mois autour du monde, et que je réalise encore avec du recul, à quel point j’ai de la chance de pouvoir non seulement pratiquer aussi facilement ce sport mais également d’en vivre (même modestement). Le plaisir de jouer et de partager cette expérience dans un super groupe à Metz, avec un encadrement bienveillant et de qualité et dans une équipe de solidaire et motivée est d’autant plus importante. La saison de Pro A s’annonce palpitante chez les féminines avec un niveau général impressionnant et une homogénéité qui augure un suspense intense jusqu’au bout !

A propos de l'auteur

Hubert

He recently joined the Butterfly France team. Hubert, in addition to following high level table tennis for many years (and playing himself), as a journalist, he creates a lot of content. He is now the chief editor for Butterfly Mag. He is also the communication manager for Butterfly in France.

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